MiniReef(s) Project(s)

6/10/2006

Pierres vivantes artificielles : comment faire

La production de pierres vivantes artificielles est selon moi un aspect très important de l’aquariophilie récifale responsable. Comment peut-on prétendre être un aquariophile écologiste lorsque l’on arrache 200 ou 300 kilos de roches sur un récif ? Ces roches ont mis plusieurs dizaines (centaines) d’années à se construire et servent à protéger le récif des agressions des vagues, de supports aux coraux, etc. Alors pourquoi déplacer ces pierres sur des milliers de kilomètres et les placer dans un aquarium où elles seront sans doute moins « utiles»  que dans le milieu naturel ??

La technique de production de ces roches artificielles est au point : elles sont utilisées par les aquariums publics américains depuis très longtemps. Mais peu de récifalistes osent franchir le pas, sans doute par manque de temps, mais aussi du fait de retours d’expériences pas toujours probants. Autant faire changer cela ;)

Introduction

La recette pour créer des pierres artificielles est relativement simple et connait quelques différences mineures : on emploie du ciment de type Portland (du ciment standard) ou Prompt (du ciment à séchage rapide, utilisé pour des réparations par exemple en milieu marin) le plus souvent et un liant. Ce dernier sera peut-être des débris de coraux, de l’aragonite (mais dans ces 2 cas, on est pas très écologistes ;) ), du Maërl comme celui utilisé pour le traitement de l’eau ou bien des débris coquilles d’huîtres. Ces dernières ont eu ma faveur car pas chères (10€ pour 25 kilos) et très facile à trouver (elles sont utilisées pour l’élevage des poules). La composition chimique se rapproche de celle de l’aragonite (cf. tableau), même s’il m’a été rapporté qu’elles pouvaient être riche en phosphates. Personnellement, j’ai testé les coquilles que j’utilise pour faire mes pierres et je n’ai pas trouvé trace de phosphates : peut-être de la chance ! (ou mauvaise mèthode ;) )

Comparatif Aragonite / Coquilles d'huitre

1ère étape : le moulage

Pour mouler les roches, j’utilise 12 volumes de débris de coquilles d’huîtres, 2.5 volumes de ciment (Multibat MC 12.5) et… pas d’eau ! En fait, je rince soigneusement les coquilles avant d’incorporer le ciment et je garde la dernière eau de rinçage : les coquilles sont complétement imprégnées d’eau et cela fait en général un dosage idéal (le mélange doit être relativement fluide afin d’hydrater totalement les sulfites contenus dans le ciment). Le mélange est coulé sur un lit de coquilles d’huîtres humides disposées dans un plateau : on moule littéralement les pierres sur ce lit. Il faut ensuite recouvrir ce plateau d’un sac plastique afin de garder au maximum l’humidité : cela favorise la création de micro-pores au sein de la roche et augmente la résistance mécanique. Enfin, laisser sécher au minimum 2 à 3 jours les roches produites afin d’obtenir une résistance optimale. Il ne reste plus ensuite qu’à démouler !

http://img142.imageshack.us/img142/4185/dsc01237c9oq.th.jpg    http://img104.imageshack.us/img104/992/dsc01235c5ym.th.jpg
Les premières pierres tests ;)

2nde étape : le curage (la plus importante !)

La seconde étape, sans doute la plus importante est le curage des roches. En effet, le ciment relâche à court et moyen terme des silicates et des composés fortement basiques tels que de l’hydroxyde de calcium. C’est sans doute une étape clef dans le processus (et peut-être une étape trop souvent négligée). Les roches doivent être recouvertes d’eau douce et cette eau doit être changée tous les 2-3 jours pendant 4 semaines à 2 mois !! Au cours de ce processus, le pH doit être réguliérement testé afin de détecter la fin du processus de curage : une fois le pH de l’eau stabilisé, on considère que les roches sont prêtes à rejoindre un aquarium récifal.

3ième étape (optionnelle) : la maturation

Mon projet est d’utiliser 100% de roches artificielles pour mon futur bac. Mais il faut pour cela provoquer la colonisation de ces pierres ; les transformer en pierres véritablement vivantes. Cette étape est réalisé dans les fermes d’aquacultures soit en déposant les pierres artificielles en mer sur un récif, soit en les mélangeant avec des pierres vivantes proprement dites. Je compte procéder un peu diffèremment en rajoutant une troisième étape, une étape de maturation. Pour cela, une cuve de 200 litres en plastique sera utilisée (un bête bidon en plastique alimentaire). Cette cuve sera chauffée à 26° et brassée ; le brassage se faisant du bas vers le haut avec un système de trickling (aspersion des pierres par un bras rotatif) permettant ainsi l’aération du milieu. Enfin, la cuve sera isolée thermiquement avec de la laine de verre ou de roche (pour limiter les perditions et éviter de se retrouver avec une facture EDF dans les nuages : la cuve sera en effet dans un garage, au frais). Afin de promouvoir la croissance de la très recherché corraline, un éclairage sera installé basé sur l’utilisation de tubes fluorescents (50% type triton, 50% type actinique). Ce type d’éclairage est en effet connu pour booster la croissance de la corraline. Eventuellement, des ajouts de corraline booster (basé sur la mélange de Tridacna) seront ajouté chaque semaine.

Comme « innoculum»  en microfaune, je compte employer l’eau de mes changements hebdomadaire. Le Mini-Reef étant en bare bottom, je récolte pas mal de sédiments riche en isopodes, copèpodes et autres « spores» . En ajoutant au sein des cuves de maturation cette eau, je pense pouvoir ensemencer les roches artificielles en nombreux micro-organismes.

Bibliographie

Discussion sur le forum FranceNanoRecif

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